
Table d'hôte en Corse : guide et conseils
La table d'hôtes est le repas servi par l'hôte aux personnes qui logent chez lui. Ce n'est pas un petit restaurant, et la nuance a des conséquences concrètes : sur le menu, sur les horaires et sur qui peut s'attabler.
Une appellation d'usage, pas une catégorie réglementaire
La DGCCRF l'écrit sans détour : l'appellation « table d'hôtes », parfois appelée « repas partagé », n'est pas définie par la réglementation. Elle désigne une prestation complémentaire de pension ou de demi-pension, rattachée à l'hébergement (economie.gouv.fr).
De cette définition découlent les règles admises :
- La capacité est celle de l'hébergement. Les repas étant rattachés aux chambres, on ne sert pas plus de couverts que la maison n'accueille de personnes.
- Un menu unique. Pas de carte, pas de choix entre plusieurs plats.
- À la table familiale. Le repas se prend en commun, avec les hôtes.
- Réservé aux occupants des chambres. Le service n'est pas ouvert au public extérieur.
Et, symétriquement, ce qui fait basculer dans la restauration : plusieurs menus par service, plusieurs tables, le dépassement de la capacité d'accueil ou l'ouverture au public.
Ce que cela change pour vous
La table d'hôtes se réserve à l'avance, souvent la veille : l'hôte achète et cuisine pour un nombre connu de convives. L'heure est fixée par la maison, en général une seule, et le menu n'est pas négociable au-delà des allergies et régimes signalés en amont. En contrepartie, c'est la formule qui donne accès à la cuisine locale la plus simple et la moins mise en scène.
Côté prix, la fiche de la DGCCRF précise que le tarif d'une chambre d'hôtes comprend en principe la nuit, le petit-déjeuner et le ménage, et que seul le repas peut être facturé en supplément. Demandez le prix du repas au moment de réserver la chambre, pas le soir même.
Le vin et l'alcool
Servir de l'alcool au cours du repas suppose une licence. Selon la DGCCRF, la table d'hôtes doit disposer d'une « petite licence restaurant » ou d'une « licence restaurant », et l'exploitant doit suivre une formation de sept heures. Si l'hôte vous propose simplement de partager sa bouteille sans la facturer, la situation est différente de la vente ; en cas de doute, c'est à lui de connaître son cadre, pas à vous.
Ce que l'on y mange dans le Cap Corse
Le répertoire est stable d'une maison à l'autre : charcuterie sèche en entrée, un plat mijoté ou du poisson selon la journée, un fromage de brebis, un dessert simple. Les produits protégés que vous croiserez le plus souvent sont la Coppa de Corse, le Jambon sec de Corse - Prisuttu, le Lonzo de Corse - Lonzu, le Brocciu, le Miel de Corse - Mele di Corsica et l'Huile d'olive de Corse - Oliu di Corsica, tous sous appellation d'origine protégée ; quatre charcuteries de l'Île de Beauté sont par ailleurs enregistrées en IGP depuis juillet 2023 (INAO).
Un repas à la table d'hôtes ne garantit pas que tout vienne d'une AOP : il garantit que vous saurez d'où ça vient, parce que vous pouvez le demander à la personne qui a cuisiné.
Bien se comporter à table
- Prévenez des régimes et allergies à la réservation, pas à l'assiette.
- Arrivez à l'heure annoncée : tout le monde mange en même temps.
- Acceptez la conversation commune : c'est le principe de la formule.
- Réglez comme convenu, en demandant à l'avance les moyens de paiement acceptés : dans les villages, le terminal bancaire n'est pas systématique.
Voir aussi
Sources
- DGCCRF, chambres d'hôtes : quelle est la réglementation applicable, pour la définition de la table d'hôtes, ses limites et la licence de débit de boissons.
- INAO, quatre charcuteries de l'Île de Beauté reconnues en IGP, 27 juillet 2023, qui cite également les AOP corses.